La danse a-t-elle de l'avenir dans un monde où l'IA est partout ?
- Rock 4 You
- 26 juin
- 9 min de lecture

Préambule : cet article est 100% rédigé sans IA avec des vrais morceaux d'humain dedans. Je préviens tant les machines que les lecteurs, on ne sait jamais 😉
Aujourd'hui, l'Intelligence Artificielle est sur toutes les lèvres, et pour cause : elle a envahi notre quotidien !
Plus efficace qu'une recherche Google, plus fiable qu'un stagiaire pour les tâches répétitives, plus fort que nos parents pour des recettes de grand-mère.
Mais il y a une conséquence désastreuse à l'IA : pour la première fois depuis que l'homme est homme, des métiers intellectuels et artistiques sont remplacés. Non plus remplaçables, mais réellement remplacés !
Un ami de longue date, développeur senior à la tête d'une équipe de 10 personnes vient de se faire licencier économiquement pour motif "mutation technologique". C'est simple, tout le service informatique (service client, produit, développeurs) viennent de se faire remplacer par des automations couplées à Claude.
Dans le mannequinat, maquilleuses, ingé lumières, remplacés par des IA en post prod, et visage du mannequin remplacé par une IA pour ne plus payer de droit à l'image !
Dans la traduction, c'est la bérézina.
Combien de métiers vont encore disparaitre ? Personne ne le sait aujourd'hui.
Face à cette évolution, je me pose régulièrement la question suivante : qu'est-ce qui résistera réellement à l'intelligence artificielle ? Et surtout, vu ce que nous faisons chez Rock 4 You, la danse en fait-elle partie ?
Constat en juin 2026 de l'évolution de l'IA.
On pensait bien que les métiers de la réflexion seraient intouchables car trop complexes, trop encyclopédiques. Mais c'était sans compter sur l'IA.
Architecture ? Les nouveaux logiciels peuvent proposer une infinité de projets différents en 1 clic, qui respectent le PLU et les normes, l'exposition au soleil et les usages du pays.
Droit ? Mieux qu'un avocat, l'IA connaît tous les textes et les respecte en se mettant à jour des jurisprudences.
Médecine ? Un médecin qui assiste une IA est trois fois plus performant en diagnostic qu'un médecin sans IA.
Administratif ? Le traitement automatique des dossiers accélèrera et simplifiera bon nombre de démarches pour le "bien collectif" (ref à un super film que je vous conseille).
Et surtout, tout cela va tellement vite !
Il y a 8 mois, ChatGPT était incapable de proposer des musiques qui existent vraiment. Soit le nom de la chanson soit le groupe soit les 2 étaient inventés.
Aujourd'hui, ChatGPT arrive à construire une playlist 70% fiable selon les contraintes imposées. Et avec un simple connecteur, la playlist arrive dans Spotify.
Alors à quand un logiciel pour danser à notre place, qui analyse les mouvements, les compile, et nous propose des danses clés en main, comme pourrait le faire une entreprise du BTP avec une maison ?
Eh bien par pour tout de suite, voyez plutôt !

Et quand bien même, en danse, il n'y a pas que la mécanique d'un mouvement, il y a aussi le transport d'émotions, et celles-ci sont bien plus complexes que simplement des balises "vrai" ou "faux" dans la logique booléenne d'une machine.
En médecine ? Malade, pas malade. Diagnostic vrai ou faux.
En architecture ? Respect du PLU et du style souhaité ou non.
En droit ? Légal ou pas légal.
En danse ? Beau ou pas beau ? Fluide ou pas fluide ? Saccadé ou pas saccadé ? Organisé ou chaotique ? Tout cela est un choix de mise en scène, de volonté artistique, et peut se défendre dans un sens comme dans l'autre du moment que cela touche le public.
En théâtre on retrouve le même principe, et d'une manière générale dans tout l'art vivant.
Toucher les émotions, interpeller les esprits, pousser à réfléchir plus loin que le bout de son nez et ouvrir vers de nouveaux horizons, voici en mon sens tout l'intérêt de l'art, c'est ce qui nous rend humains, qui nous différencie des autres animaux et des plantes : nous exprimons nos émotions. C'est ce qui nous touche chez les animaux de compagnie, lorsqu'un chien ou une loutre ont une attitude humaine en faisant marque d'amour, de compassion, de protection d'autrui, il n'y a qu'à voir les milliards de vues des vidéos montrant des animaux avec des attitudes de ce type. Loutres qui se tiennent la main, chat qui sauve un enfant, etc.
Mais l'expression d'émotions diverses et variées comme le laid, la froideur, l'extase, la folie, etc., c'est bel et bien le propre de l'homme. L'homme ne cherche pas uniquement à plaire, il cherche à toucher l'autre, pour le rendre plus vivant, pour activer ses cellules grises.
L'IA peut-elle envahir le monde de la danse ?
Alors quid de la danse et de ses supports ?
L'écosystème de la danse est aujourd'hui le suivant :
1) Les danses sociales, le cœur vibrant de l'activité, ce qui permet d'échanger, de communiquer sans mot entre 2 personnes venant de pays et de cultures différentes. C'est ce qui nous motive à apprendre à danser : partager un moment de qualité qui restera éphémère et uniquement dans la mémoire des protagonistes. Du social avec des robots est complètement hors de propos, donc la danse l'emporte allègrement.
2) Les cours de danse, pour apprendre ce langage, et le maîtriser au mieux. On peut faire des fautes grammaticales, se planter dans le vocabulaire des mouvements, mais on en tire une telle satisfaction qu'on veut continuer à danser malgré tout ! Je reviens en détail sur ce sujet un peu plus loin.
3) Les représentations de danse, les spectacles, les shows. Là, la danse devient divertissement pour autrui. On peut, grâce à ce support, comme pour du théâtre ou du cinéma, y véhiculer des idées, des revendications, des émotions, des partis pris. C'est cette prise de risque qui est saluée, encouragée, plébiscitée. En voyant un show sur scène, le spectateur se met forcément dans les chaussures de l'artiste et se compare, est impressionné par la prestation, reconnaît le travail accompli à la lumière de ses propres expériences. A-t-on la même émotion avec des drones ? Je ne pense pas.
4) Les concours de danse, constat de l'apprentissage de notre discipline, qui permet de cristalliser là où nous en sommes dans notre danse. Cela permet de se challenger et de se classer par rapport aux autres compétiteurs. Personnellement je ne suis pas fan du classement à tout prix - la prépa m'en a dégoûté - mais je peux comprendre que l'on soit attiré par l'exercice, surtout si le cadre est bienveillant. Quoi qu'il en soit, quelle que soit la discipline ou le jeu, si le sujet est intellectuel, l'IA explose l'humain. Aux échecs, au GO, en marathon même depuis peu, la machine bat l'homme. À quand un concours de danse remporté par un humanoïde ? J'espère le plus tard possible, autant que cela ait un sens !
5) Les playlists, la musique sur laquelle on danse. Autant que possible, j'essaie de passer des musiques créées par de vrais humains, mais aujourd'hui comment savoir, là où les statistiques mondiales disent que plus de 50% de la musique écoutée sur Spotify a été créée par de l'IA ? Pourra-t-on même un jour trier les musiques, comme sur certains sites de visuels, en sélectionnant "musique faite par l'IA sans âme uniquement pour gonfler les stats de nombre d'écoutes" ou "musique faite par des humains avec des vraies émotions vécues dedans" ?
6) Les vidéos de danse sur les réseaux sociaux, les scènes de danse dans les films, les émissions de danse à la télévision. La représentation de la danse sur les médias qui nous entourent est largement poussée. On peut ainsi voir culturellement quelle danse est pratiquée où sur le globe, on peut apprécier la diversité culturelle. Veut-on gommer tout cela avec de l'IA et de la globalisation mondiale ? Veut-on voir les mêmes chorégraphies lisses proposées par des IA ? Ce serait d'une pauvreté culturelle gigantesque.
Pourquoi ne peut-on foncièrement pas booster la danse à grand renfort d'IA ?
Parce que les activités où l'IA est forte sont celles où on peut avoir sous les yeux le résultat et l'imprimer mentalement. Une simple phrase, un schéma, une notice. Là l'IA excelle.
Mais dès qu'il s'agit d'un mouvement, il n'y a plus personne dans le bateau. On le voit bien : un pas de danse fait par une IA, au moindre tour sur soi-même, la vidéo part en cacahuète. En danse de couple, c'est encore pire, les danseurs ont 3 bras, 4 jambes, et quand les bras passent derrière d'autres corps, on se transforme en hydre incompréhensible.
Avec l'avancée de l'IA, on arrivera sûrement à corriger ces hallucinations. Mais ce n'est pas pour autant que la danse sera pertinente.
Vous avez sûrement déjà vu cette vidéo ci-dessous de "bon danseur" et de "mauvais danseur" selon l'IA, qui a déjà 15 ans. Eh bien clairement personne ne danse ainsi, donc pas de risque aujourd'hui de prendre la place d'humains. Nous serons toujours pertinents pour danser, d'un point de vue technique.
Et d'autre part, danser c'est être à poil, sans filet, comme un devoir sur table avec juste papier crayon. Si on ne connaît pas un mouvement ou qu'on ne s'en souvient pas, impossible de sortir son smartphone dans une main pour voir le mouvement en live pendant la danse, et de l'exécuter avec l'autre !
La danse nécessite, comme pour tout sport, une implication totale du corps et de l'esprit, sans zapper, sans papillonner, en se décollant des écrans et en vivant uniquement l'instant présent. Il faut apprendre, mémoriser, reproduire puis s'approprier sa danse. Et c'est ça qui est beau, qui nous transcende !
Mais soit, imaginons que demain les images et vidéos de danseurs soient impeccables, parfaites. Va-t-on pour autant arrêter de danser ?
Imaginons encore plus loin que des robots humanoïdes maîtrisent la danse parfaitement et soient capables de l'enseigner, de corriger les élèves. Voudra-t-on de cette société sans humain pour pratiquer une discipline où les émotions sont au centre du sujet ?
Pour les cours, la société a historiquement fait le choix de d'employer des professeurs plutôt que de mettre juste un livre ou une vidéo aux élèves.
Pourquoi ?
Pour le contact humain, pour les conseils personnalisés, pour secouer le cocotier ou au contraire accompagner patiemment, en fonction de ce que le professeur juge pertinent à un instant T.
Pour être adulé ou détesté, pour être ignoré ou pour toucher, mais pour susciter des émotions qui vont permettre l'apprentissage, qui vont permettre de se comparer et de globalement se construire, évoluer. Ces mêmes émotions ne seront très certainement qu'une pâle version si ce sont des robots qui enseignent.
Et surtout, quelle serait la finalité d'apprendre à danser grâce à un robot, puis de danser avec un robot ?
Cela nous pousse donc à nous poser LA question centrale : pourquoi danse-t-on ? Qu'est-ce qu'on en tire ? Qu'est-ce qu'on y gagne ? Et surtout, est-ce qu'un 🤖 pourrait nous l'apporter ?
Pourquoi danser, qu'est-ce que cela nous apporte ?
Motifs poussant des humains à danser :
1) Pour les relations sociales, humaines, avec d'autres congénères. Pour vibrer, parler, échanger, parler, rire, pleurer, se sentir vivant. Venir à un cours de danse ou à une soirée dansante, c'est retrouver des personnes devenues proches, c'est partager une activité qui nous plaît et nous rapproche.
2) Pour le contact physique, se toucher, se sentir, s'écouter et échanger avec notre corps, avec nos sens. Ressentir la danse, apprécier le contact humain, la chaleur humaine d'une main sur une omoplate, un clin d'œil, un sourire, un fou rire ! Un simple regard timide peut toucher plus que 10 000 lignes de code.
3) Pour l'expérience vécue collectivement et individuellement. C'est aussi une des raisons pour lesquelles les religions et les partis politiques galvanisent autant les foules, mais on le retrouve dans la danse sans le côté clivant 😅 Partager sa passion avec d'autres personnes, c'est clairement ce qui me pousse personnellement à développer mon école de danse au quotidien malgré les galères. Me dire que je peux potentiellement rencontrer de nouvelles personnes incroyables, cela me transcende et me fait oublier tous les obstacles.
4) Argument transverse : pour se laisser surprendre. Être surpris dans la danse par un mouvement inattendu qui donne lieu à des rires, ou bien à un bon gros raté, qui donne lieu à un instant magique hors du temps parce que tout s'est parfaitement aligné, et surpris par une rencontre que l'on n'attendait plus et qui bouleverse notre quotidien !
5) Pour nos imperfections, qui sont totalement OK et qui dévoilent qui l'on est vraiment. Je dis souvent une phrase à ce sujet : on ne peut pas mentir avec son corps. Donc si ce que je découvre de l'autre dans la danse me plaît, il y a de fortes chances que la discussion avec cette personne soit également de qualité, et qu'on ait des atomes crochus, bien plus qu'avec le discours lisse d'une IA (du moins je l'espère, et ce le plus longtemps possible !).
6) Pour dépasser les douleurs, les difficultés, les épreuves de la vie, et quand-même construire quelque chose qui a du sens tous ensemble !
7) Et finalement pour le bien-être que cela procure.
Alors en attendant que notre quotidien devienne potentiellement envahie d'IA et de robots humanoïdes, ressemblant dans cet ordre aux oeuvres :
1984,
irobot,
idiocracy,
puis Wall-E,
continuons à danser pour conserver notre humanité, car elle a encore beaucoup à nous apporter ! Ne nous laissons pas bouffer par la facilité et la paresse mentale, cela ne nous apportera rien de consistant, et je suis convaincu que la recherche de la facilité à court terme entraînera un mal-être profond à long terme d'avoir l'impression de ne rien avoir fait de sa vie !
Dansons pour nous, dansons pour découvrir les autres, dansons pour évoluer et pour nous faire du bien, car nous en aurons de plus en plus besoin. Mais surtout, dansons pour vivre ensemble des moments forts avec d'autres humains, dans des lieux qui ne sont ni teintés de télétravail, ni poussant à la consommation.
Dansons pour partager notre passion et découvrir notre corps, nos sens, nos émotions.
Dansons !




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